Ce que disent les chiffres

La sensibilité aux contrastes augmente plus vite pendant les deux premiers mois qu’à aucun autre moment, puis se stabilise près de la valeur adulte vers neuf semaines. Ensuite, les livres en noir et blanc n’ont plus rien de spécial : la raison pour laquelle ils fonctionnaient a disparu.

Le saviez-vous ?

Le motif doit aussi être assez large. Pour un nouveau-né, des rayures fines reviennent au même qu’un carton gris, car elles dépassent ce que ses yeux peuvent séparer. Grand et simple l’emporte toujours sur complexe et chargé.

Pourquoi cela fonctionne à cet âge

Ce qui capte le regard d’un bébé à cet âge

Ces idées sont classées selon ce qu’un bébé de cet âge perçoit vraiment bien : ce qui est très contrasté, proche et en mouvement. Aucune n’est une grande étape à atteindre, ni un test.

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Votre visage, de près

Un visage à environ 30 cm est grand, très contrasté et en mouvement : les trois choses que perçoit le mieux un bébé de cet âge, réunies.

Ça ne coûte rien.
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Cartes en noir et blanc

De grandes formes simples, avec un contraste presque maximal. À cet âge, c’est pratiquement le seul type de motif qui dépasse le seuil de perception.

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Sources

  • Banks, M.S. & Salapatek, P. (1978). "Acuity and contrast sensitivity in 1-, 2-, and 3-month-old human infants." Investigative Ophthalmology & Visual Science 17(4), 361–365.
    Une estimation de l’acuité obtenue par une autre méthode (la fréquence de coupure tirée de fonctions complètes de sensibilité aux contrastes) et la fréquence spatiale très basse à laquelle la sensibilité aux contrastes est maximale dans les premiers mois.
  • Banks, M.S. (1980). "The development of visual accommodation during early infancy." Child Development 51(3), 646–666.
    Le fait que l’erreur de mise au point en régime stable et la pente de la réponse accommodative s’améliorent jusqu’à 3–4 mois environ, et que l’erreur d’accommodation ne limite pas de manière notable l’acuité du bébé.
  • Braddick, O., Atkinson, J., French, J. & Howland, H.C. (1979). "A photorefractive study of infant accommodation." Vision Research 19(12), 1319–1330.
    Une mise au point cohérente pour une faible demande accommodative d’environ 1,3 D (≈ 75 cm), qui apparaît entre 3 et 6 mois.
  • Clavadetscher, J.E., Brown, A.M., Ankrum, C. & Teller, D.Y. (1988). "Spectral sensitivity and chromatic discriminations in 3- and 7-week-old human infants." Journal of the Optical Society of America A 5(12), 2093–2105.
    Le fait que peu de bébés de 3 semaines distinguent les couleurs de façon fiable alors que la plupart des bébés de 7 semaines y parviennent, et l’avantage des grandes longueurs d’onde à 3 semaines.
  • Haynes, H., White, B.L. & Held, R. (1965). "Visual accommodation in human infants." Science 148(3669), 528–530.
    La distance médiane de mise au point de 19 cm chez les nouveau-nés éveillés, à l’origine de l’affirmation « les bébés voient à 20–30 cm », citée pour que l’application puisse dire ce que l’article montre et ce qu’il ne montre pas.
  • Held, R., Birch, E.E. & Gwiazda, J. (1980). "Stereoacuity of human infants." Proceedings of the National Academy of Sciences 77(9), 5572–5574.
    L’apparition brusque de la stéréopsie entre 3 et 5 mois environ : expliquée dans l’application et jamais dessinée, car un écran plat ne peut pas la montrer.
  • Mohn, G. & van Hof-van Duin, J. (1986). "Development of the binocular and monocular visual fields of human infants during the first year of life." Clinical Vision Sciences 1(1), 51–64.
    Le champ visuel restreint du nouveau-né et son élargissement au cours de la première année, décrit dans l’application et volontairement non représenté par un vignettage.
  • Neijzen, C.M., de Wit, F.M., et al. (2025). "Reference values for the Teller Acuity Cards II (TAC II) in infants and preverbal children, a meta-analysis." Acta Ophthalmologica. doi:10.1111/aos.17447.
    La courbe d’acuité binoculaire à rayures, mesurée en observant le regard, qu’affiche l’application, et son incertitude déclarée d’environ 0,16 unité log10, constante avec l’âge.
  • Norcia, A.M. & Tyler, C.W. (1985). "Spatial frequency sweep VEP: visual acuity during the first year of life." Vision Research 25(10), 1399–1408.
    La courbe d’acuité par potentiels évoqués visuels à balayage, présentée à côté de la courbe comportementale comme limite supérieure, et la référence adulte de 24,3 c/degré mesurée avec le même dispositif.
  • Norcia, A.M., Tyler, C.W. & Hamer, R.D. (1990). "Development of contrast sensitivity in the human infant." Vision Research 30(10), 1475–1486.
    Un seuil de contraste à basse fréquence spatiale qui passe de 7 % à 2–3 semaines à une asymptote de 0,5 % dès 9 semaines, contre 0,32–0,22 % chez l’adulte, et le développement du contraste en deux phases.
  • Peeples, D.R. & Teller, D.Y. (1975). "Color vision and brightness discrimination in two-month-old human infants." Science 189(4208), 1102–1103.
    Une distinction chromatique rouge/blanc établie à l’âge de deux mois.
  • Regal, D.M. (1981). "Development of critical flicker frequency in human infants." Vision Research 21(4), 549–555.
    Une fréquence critique de fusion du scintillement basse pendant les premières semaines, qui atteint des valeurs proches de celles de l’adulte en quelques mois : décrite, pas représentée.
  • Skelton, A.E., Maule, J. & Franklin, A. (2022). "Infant colour perception: Insight into perceptual development." Child Development Perspectives 16(2), 90–95.
    La chronologie de cette revue de la littérature, qui situe l’apparition de la vision des couleurs entre 3 semaines et 3 mois environ.
  • Varner, D., Cook, J.E., Schneck, M.E., McDonald, M. & Teller, D.Y. (1985). "Tritan discriminations by 1- and 2-month-old human infants." Vision Research 25(6), 821–831.
    Une distinction tritan (cônes S) démontrable à 1 et 2 mois, ce qui explique que l’application ne dramatise pas une absence de vision bleu-jaune qui durerait des mois.
  • ISO 226:2003, Acoustics — Normal equal-loudness-level contours; with Fastl, H. & Zwicker, E. (2007). Psychoacoustics: Facts and Models, 3rd ed. Springer (minimum audible field).
    La courbe de référence adulte du champ auditif minimal, à laquelle s’ajoute l’élévation des seuils du bébé.
  • Olsho, L.W., Koch, E.G., Carter, E.A., Halpin, C.F. & Spetner, N.B. (1988). "Pure-tone sensitivity of human infants." Journal of the Acoustical Society of America 84(4), 1316–1324.
    Le principal jeu de données de seuils en sons purs sur lequel repose l’audiogramme du bébé.
  • Werner, L.A. (2002). "Infant auditory capabilities." Current Opinion in Otolaryngology & Head and Neck Surgery 10(5), 398–402.
    Des seuils comportementaux de 40–55 dB SPL à 1 mois qui descendent à 10–30 dB SPL vers 6–12 mois ; un seuil à 4 kHz à seulement 10 dB environ au-dessus de celui de l’adulte à 6 mois, alors que les basses fréquences continuent de mûrir pendant l’enfance ; et une cochlée mature dès le terme, si bien que l’élévation des seuils vient de l’oreille moyenne et du système nerveux central.

Ceci n’est pas un test de la vue ni de l’audition. Si quelque chose vous inquiète, parlez-en à votre pédiatre ou à un ophtalmologiste pédiatrique.

Il s’agit d’une approximation perceptive, pas d’une reconstitution de ce que voit votre bébé. D’un bébé à l’autre, les différences sont très grandes.

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